Diminution des effectifs par classe : pas de quoi crier victoire !

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La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) a publié récemment une note d’information indiquant que la diminution du nombre moyen d’élèves par classe s’est poursuivie à la rentrée 2020 dans le premier degré. Pour le SE-Unsa, s’il s’agit d’une bonne nouvelle, il ne faut pas pour autant en oublier que cette moyenne masque notamment des réalités bien différentes.
 
 
Dans les écoles publiques, à la rentrée 2020, les maternelles accueillent en moyenne 23 élèves par niveau de classe. En élémentaire la moyenne est de 21,5 élèves. 
 
Différents phénomènes expliquent cette diminution des effectifs par classe. Il convient cependant de rappeler qu’il s’agit d’une moyenne, et que les effectifs sont surchargés dans de nombreuses structures.
 
 
 
Une baisse entamée depuis plusieurs années
 
Depuis quatre ans, les effectifs moyens par classe du premier degré continuent de diminuer. Cette baisse est progressive depuis 2013 en maternelle et beaucoup plus rapide depuis 2017 en élémentaire. 
 
Elle est évidemment largement due aux dédoublements en éducation prioritaire (commencés en septembre 2017 dans les Rep+) des classes de CP, CE1, et depuis la rentrée 2020 des classes de grande section.
 
 
 
Des améliorations en éducation prioritaire
 
La note de la Depp précise que les dédoublements se sont mis en place sans pénaliser les autres niveaux puisqu’au contraire, en éducation prioritaire, les effectifs par classe diminuent quel que soit le niveau. Toutefois, une phrase est à relever : Les moyens mis à disposition des directeurs d’école semblent donc leur avoir permis de réaliser, parfois, des aménagements profitables aux autres élèves.
 
Pour le SE-Unsa, cela démontre bien que c’est la volonté des équipes enseignantes de faire au mieux qui a permis de mettre en œuvre des organisations ne pénalisant pas les élèves des niveaux qui ne sont pas dédoublés. Néanmoins, cela n’a pas été réalisable partout.
 
 
 
Pas de conséquence négative hors éducation prioritaire
 
> En maternelle
La diminution des effectifs de maternelle se retrouve dans tous les territoires. Elle est de -1,4 élève depuis 2015 dans le rural (passant d’une moyenne de 23,2 élèves par classe à 21,8) comme dans les écoles urbaines hors éducation prioritaire (passant d’une moyenne de 25,5 élèves par classe à 24,1). 
 
> En élémentaire
Cette tendance se retrouve aussi en élémentaire, même si la différence est beaucoup plus marquée avec l’éducation prioritaire. En effet, en éducation prioritaire, l’effectif moyen par classe passe de 22,7 élèves à 16,8 entre 2015 et 2020, soit une diminution de 5,9 élèves par classe en moyenne.
Dans le rural, l’effectif moyend’une classe élémentaire passe de 22,1 à 21,4 élèves, soit une réduction de 0,7 élève par classe. Enfin, dans les écoles urbaines hors éducation prioritaire, la diminution est similaire puisque la moyenne passe de 24,3 élèves par classe à 23,6 entre 2015 et 2020.
 
 
Un déclin démographique dans le rural
 
Dans le rural, la diminution des effectifs par classe s’explique par le déclin démographique.
La baisse plus rapide du nombre d’élèves que du nombre de classes a logiquement permis de scolariser les élèves dans des classes moins chargées.
 
 
Les dédoublements et plafonnement des classes toujours en cours
 
Depuis la rentrée 2020, les dédoublements concernent l’ensemble des classes de grande section, CP et CE1 en Rep et Rep+.
 
À cela s’ajoute une autre mesure : le plafonnement à 24 du nombre d’élèves par classe en grande section, CP et CE1 sur l’ensemble du territoire. Sa mise en œuvre s’étale des rentrées 2020 à 2022. À l’heure actuelle, 36 % des classes accueillant des grandes sections, 17 % des classes accueillant des CP et 25 % des classes accueillant des CE1 comptent encore plus de 24 élèves.
 
Au total, pour ces trois niveaux dans les écoles publiques, 78 % des classes accueillent 24 élèves ou moins à la rentrée 2020.
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
Pour le SE-Unsa, la poursuite de la diminution des effectifs par classe est une bonne nouvelle. Cependant, il est essentiel de ne pas avoir une vision tronquée de la réalité. Ces moyennes cachent des situations très disparates, notamment avec des classes ayant des effectifs extrêmement chargés.
 
De plus, des effectifs plus faibles ne font pas tout. D’autres besoins sont également nécessaires en dehors de la classe : il est essentiel de reconstruire des Rased complets, de renforcer le nombre des enseignants référents dans les départements, de créer des postes de remplacement supplémentaires, de préserver l’offre éducative en milieu rural…
 
Le déclin démographique est donc une occasion à saisir pour relever de nombreux défis. C’est également tout l’enjeu de la carte scolaire pour laquelle le SE-Unsa, partout sur le territoire, sera vigilant quant à la mise en œuvre effective des engagements ministériels.
 
> > Lire notre article sur la carte scolaire 1er degré Un effort important qui ne réglera pas tout
 
> > Retrouver l’étude de la Depp sur le site du ministère