Examens en voie pro : à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles

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Dans ce contexte inédit, les incertitudes sur une éventuelle date de reprise des cours a mis en lumière l’épineuse question des examens de fin d’année. Quelle forme d’évaluation peut-on imaginer pour valider sur une base fiable les examens sans pénaliser les élèves ?
 
 
Un calendrier serré

    • CAP
Sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultra marin, les épreuves écrites (français, PSE, maths sciences et arts appliqués) devaient initialement se dérouler entre les 4 et 5 juin
Le calendrier des autres épreuves (histoire-géographie / EPS / Langue vivante obligatoire, langue vivante facultative)  est à l’initiative des académies. Les oraux ont lieu en général dès le début du mois de mai…
 
    • BEP
Concernant le diplôme intermédiaire, les épreuves écrites (français, histoire PSE, Maths-sciences) sont censées se dérouler le 3 juin. L’épreuve d’EPS est, quant à elle, laissé à l’initiative des académies.

    • Bac pro
Les épreuves écrites sont prévues entre le 17 et le 19 juin.
Les épreuves pratiques et écrites sur support informatique de maths-sciences s’échelonnent du 25 mai au 5 juin.
Les épreuves orales sont à l’initiative des académies.
 
Au regard du peu de temps restant et de l’incertitude dans laquelle nous sommes à propos de la durée du confinement, il est impensable de maintenir le calendrier en l’état. Avec, au mieux, une reprise des cours le 4 mai, les délais sont intenables.

En effet, les élèves accueillis en voie pro et particulièrement en CAP, ont besoin d’un accompagnement soutenu. Il ne serait pas acceptable de mettre les élèves les plus fragiles en situation d’évaluation dès la reprise des cours si celle-ci a bien lieu avant la fin de l’année scolaire.

Enfin, il ne faudrait pas sous-estimer l’état psychologique dans lequel élèves et enseignants pourraient reprendre le travail. Leur demander d’attaquer « pied au plancher » pour tenir le calendrier est peu réaliste et bien loin de l’école de la confiance et de la bienveillance... Il conviendrait plutôt de consacrer ce peu de temps à recréer du lien, à se réapproprier le groupe-classe et à renforcer les apprentissages communs.
 
 
Quid des PFMP ?
 
 
En l’état actuel des directives ministérielles, pour les élèves en deuxième année de CAP ou en terminale professionnelle, les PFMP sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Un rattrapage avant la fin de l’année scolaire est compromis. Des modalités d’évaluation des élèves doivent donc être précisées.

Là encore, il ne semble pas réaliste d’exiger le nombre réglementaire de semaines de PFMP.

Les stages prévus dans des structures telles que les EHPAD, pour les élèves en ASSP par exemple, ne pourront pas être menés à terme quelle que soit la date de reprise.

Les entreprises qui retrouveront progressivement une organisation « normale » auront d’autres priorités et n’auront que peu de temps disponible pour accueillir de manière optimale des élèves en stage. 
Pour plus d’équité, d’efficacité et par souci de cohérence, il faudra probablement, à titre exceptionnel et dérogatoire, abaisser le nombre de semaines requises pour la validation de l’examen. Cette dérogation à titre exceptionnel qui existe déjà pour certains cas particuliers, devra probablement revêtir un caractère collectif cette année.

En tout état de cause les procédures proposées ne sauraient alourdir inutilement le travail des enseignants qui risque d’être particulièrement dense lors de la reprise dans contexte difficile de mise en œuvre de la réforme de la voie professionnelle.
 
  
L’avis du SE-Unsa :

Dans ce contexte inédit, il faut faire preuve de bienveillance,  faciliter le travail des enseignants et les apprentissages des élèves.

Au SE-Unsa, nous plaidons pour un abaissement officiel du nombre de semaines requis pour la validation des diplômes de la voie professionnelle.

Nous revendiquons une évaluation du Bac Pro et du CAP sous la forme d’un contrôle continu. Celui-ci s’appuierait sur les deux premiers trimestres et pourrait être renforcé par une note supplémentaire au titre du troisième trimestre si le temps de reprise le permet. La décision serait arrêtée par le chef d’établissement après avis du conseil de classe.

De même, la délivrance du diplôme intermédiaire pourrait suivre cette même procédure.

Afin de ne pas pénaliser les élèves les plus fragiles et ne pas entraver leurs souhaits de poursuite d’études, le SE-Unsa propose le maintien d’une épreuve orale de contrôle portant sur deux disciplines pour donner une chance de rattrapage aux élèves en difficulté.
 
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