L’Assemblée nationale enquête sur les effets de la pandémie et du confinement sur les plus jeunes générations

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Une commission d’enquête parlementaire, dont Marie-George Buffet est la rapporteure, a été créée avec pour mission de « mesurer et prévenir les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse ». Dans ce cadre, le SE-Unsa (avec d’autres organisations syndicales) a été auditionné le 15 octobre dernier.
 
L’objectif général de cette enquête est d’ « examiner au plus vite les impacts de cette pandémie (sur les enfants, adolescents et jeunes adultes) pour mieux y répondre ».
Considérant que « la santé psychique des enfants peut être affectée durablement », la commission estime nécessaire « un travail qui ne se limite pas aux seuls aspects scolaires ou infectieux ».
Elle souhaite recueillir des indicateurs précis concernant la réalité du terrain afin d’ « en dégager des propositions fortes à la hauteur des enjeux pour l’avenir de notre pays ».
 
Un premier document de travail évoque de nombreux thèmes de réflexion : bien sûr la problématique des apprentissages « à distance », les exigences technologiques et pédagogiques que cela implique, la question du rattrapage des étapes charnières (CP/CE1, école-collège, collège-lycée …), celle des évaluations et des examens, du lissage des programmes, les conditions de retour à l’école, les conséquences de la crise sur les apprentis et les formations en alternance, la tenue des concours …
 
Ce qui est intéressant dans ce document, c’est qu’en préambule, il inscrit toutes ces thématiques dans un contexte de stress, de mal-être et d’anxiété potentiels pour les enfants et les adolescents, dont l’Éducation nationale doit se préoccuper, évoquant le risque de voir se développer une crainte de l’autre et de la relation sociale, rappelant la nécessaire attention à porter aux enfants en situation de handicap, à la situation des mineurs non accompagnés, à la précarité étudiante, au décrochage ... Autant de sujets qui concernent directement les missions et l’action des psychologues de l’Éducation nationale.
 
Lors de cette audition, parmi les différents sujets abordés, il a beaucoup été question du rôle que les psychologues ont à jouer dans les établissements scolaires, en termes d’évaluation et d’accompagnement, auprès des enfants et adolescents possiblement fragilisés, ainsi que des conditions d’exercice de leurs missions.
 
Nous, SE-Unsa, avons ainsi pu faire part de nos réflexions à des députés qui se sont montrés particulièrement intéressés...
Nous avons expliqué à la commission que, lors du confinement puis du retour en classe, les PsyEN ont eu à organiser leur travail sans qu’aucune directive ministérielle ne leur parvienne, que sur de nombreuses questions se rapportant pourtant pleinement à leurs domaines de compétences ils n’ont jamais été sollicités, mais qu’ils n’ont bien sûr pas attendu ces sollicitations pour agir.
 
Cette audition fut l’occasion aussi de préciser que l’évaluation des effets psychologiques de la crise (auxquels notamment la commission d’enquête s’intéresse) sur les enfants et sur leurs apprentissages ainsi que l’accompagnement psychologique relèvent des missions des PsyEN, formés à l’écoute et au recueil de la parole, au repérage d’éventuels signes de souffrance, de peur ou de mal-être.
Et que pour cette raison, ils espérent être associés aux préconisations que la commission formulera à l’issue de son enquête.
 
Nous avons également expliqué que 7500 PsyEN en tout et pour tout pour être au plus près des besoins des enfants, des adolescents, de leurs famille, et répondre aux demandes des autres professionnels de l’Éducation nationale, c’est insuffisant. Dans ce cadre, l’importance des Rased et des CIO, structures collectives dans lesquelles le travail des PsyEN prend tout son sens et qui sont depuis quelque temps mises à mal, a été mentionnée.
 
Du côté des parlementaires, les questions ont porté, pour une part importante, sur l’aspect psychologique de la gestion de la crise que nous traversons depuis le mois de mars et sur le rôle que les PsyEN ont à jouer dans le contexte actuel et à venir. Les voici :
  • Concernant les fragilités et questionnements des élèves, les PsyEN ont-ils les moyens de mettre en place dans les établissements des groupes de parole ?
     
  • Est-ce que les PsyEN reçoivent des demandes d’analyse de la pratique de la part de leurs collègues ? Bénéficient-ils eux-mêmes d’analyse de la pratique ?
     
  • Une question concernant la mise en place effective de cellules de veille dans les établissements scolaires a été posée.
     
  • Une députée rappelle enfin qu’il est rare de pouvoir faire un éclairage psychologique dans le cadre d’une commission d’enquête et se réjouit que celle-ci le fasse, précisant que la crise que nous traversons est avant tout humaine : elle estime que « pour retrouver la voie de l’apprentissage, il faut des psychologues pour aider à mettre des mots sur des maux ».
    Elle questionne enfin sur les outils que les PsyEN ont à leur disposition « pour aider la jeunesse à surmonter son mal-être ».
Sans présager des préconisations que cette commission fera remonter au ministère dans le cadre de son enquête concernant les effets de la crise sanitaire sur les enfants et la jeunesse, il est apparu, lors de cette audition, que la question des enjeux psychologiques était tout autant au centre des réflexions et préoccupations des députés que celle des enjeux pédagogiques.