Le SE-Unsa continue à s’opposer aux principales préconisations du rapport Charvet.

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Le SE-Unsa continue à revendiquer une meilleure reconnaissance de la place de la Psychologie dans les processus d’orientation et à s’opposer à une vision unipolaire d’une orientation éducative et pédagogique.


Le rapport Charvet a été présenté aux organisations syndicales fin juin. Depuis, les audiences s’enchaînent au sujet des préconisations (fermeture de la plupart des CIO, affectation des PsyEN en lycée, création d’enseignants et CPE référents « orientation » …).
Les conclusions seront rendues par le ministère fin octobre.

Bien connaître les métiers et les formations ne suffit pas

L’orientation est bien l’affaire de tous, selon les qualifications de chacun.
Une vision globale de l’orientation nécessite une information exhaustive sur les métiers et les formations. Cette information doit dépasser les représentations qui peuvent faire l’objet d’autocensure de la part de certains élèves ou de leur famille.
Mais l’élève a également besoin de construire sa propre représentation de soi : il a besoin d’identifier ses forces, ses angoisses (exacerbées par l’adolescence) pour mieux se connaître. C’est le propre du psychologue que de l’y aider.

Ce sont donc deux systèmes de représentations qui doivent cohabiter et entrer en résonance pour faire émerger un projet.

Ce n’est pas ce que préconise le rapport Charvet dans ses propositions uniquement centrées sur la pédagogie de l’orientation.

L’affectation des PsyEN en lycée ne permettra pas d’accroître leur présence auprès des élèves

En fonction des difficultés qu’ils rencontrent (exclusion de l’établissement, phobie, …), les élèves les plus fragiles seront amenés à se rendre dans un CIO plutôt que dans un lycée « tête de réseau ». L’étiolement du réseau des CIO engendrera des distances importantes pour ces publics, accentuant encore les inégalités supposées combattues par les préconisations du rapport !

Par ailleurs, les PsyEN EDO continueront d’exercer leurs missions dans plusieurs établissements.
Elles·ils ne seront donc pas davantage présent·e·s dans leurs lycées et collèges.

L’augmentation du volume de recrutements est la seule variable qui permette d’accroître la proximité et la disponibilité des PsyEN auprès des élèves et de leurs familles.
C’est une revendication du SE-Unsa.

Une certification/habilitation pour les enseignants/les CPE et aucune reconnaissance pour les PsyEN ?

Le rapport Charvet prévoit une reconnaissance de la mission de « référent orientation » pour les enseignants et les CPE qui seraient en charge de la coordination des actions au sein de leur établissement. Si le travail en complémentarité entre les différents acteurs de l’orientation (pédagogues, éducateurs et psychologues) est indispensable, la création d’une certification pour certaines catégories de personnels seulement semble au contraire invalider la concertation en poussant à la délégation de responsabilités.

Et si le ministère commençait par augmenter l’indemnité de fonction des PsyEN EDO ?
Une vraie reconnaissance du travail et de l’investissement de ces personnels serait un signe fort qui allègerait le sentiment de désaveu de la profession à la lecture de ces préconisations. C’est ce que le SE-Unsa défend depuis le début des échanges avec le ministère.