Quels impacts de la crise sur les élèves ? Quelles réponses ?

| popularité : 1%
Pour cette rentrée pas comme les autres, on attendait beaucoup de la circulaire de la rentrée. Le ministère allait-il proposer des réponses à la hauteur, c’est-à-dire, des réponses qui s’appuient sur les compétences de TOUS ses personnels pour prendre en compte les impacts de la crise sanitaire et de la fermeture administrative des écoles sur TOUS les élèves ? La réponse est non.
 
L’objectif affiché dans la circulaire de rentrée est la consolidation des acquis des élèves par l’identification de leurs besoins et l’apport de réponses personnalisées. Le ministre, qui a rappelé que le sujet des élèves décrocheurs était une priorité, évoque une accentuation de la lutte contre ce phénomène par « le déclenchement de mécanismes d’accompagnement ».
En clair, cela se traduit par :
  • Des évaluations dès la 2ème semaine de rentrée,
  • des dispositifs de soutien en dehors de la classe sous la forme d’heures d’APC, en direction des élèves volontaires, qui s’ajoutent au temps scolaire et qui n’ont pour l’instant pas fait la preuve de leur efficacité.
Et pourtant les impacts sur les élèves de la crise sanitaire vont bien au-delà des seuls impacts sur les acquis scolaires. Les réponses ne peuvent pas se limiter à une démarche diagnostic/remédiation des « manques » scolaires assurée par les seuls enseignants.
 
Des impacts variés
 
1. La pandémie a perturbé l’univers familial des enfants/adolescents.
Les lieux et les habitudes qui leur permettaient de construire un sentiment de sécurité ont été bousculés (deuils, pertes de revenus, violences intrafamiliales).
 
2. La pandémie perturbe l’univers scolaire
Dans les établissements, de petits effectifs peuvent sans doute faciliter les échanges et permettre une meilleure prise de connaissance des besoins de chacun, mais peuvent aussi générer des questionnements concernant les absent·es et perturber le sentiment d’appartenance groupale.
 
3. Des difficultés psychoaffectives peuvent générer des manifestations comportementales inadaptées 
Difficultés de séparation, anxiété, évitement scolaire, repli sur soi, somatisations, conduites répétitives, agitation…
 
4. Des difficultés cognitives peuvent rendre les apprentissages difficiles
Les fonctions exécutives telles que la mémoire ou la concentration nécessitent stimulation et activités physiques pour être entretenues.
 
5. Certains enfants/adolescents n’auront aucune difficulté particulière
L’école peut représenter un sanctuaire de joie et de relations sociales et, pour certains, le retour à l’école peut nécessiter qu’on ne parle pas (que) du covid.
 
 
Des ressources : les Rased et les CIO, oui, mais…
 
Les personnels des Rased sont les ressources les plus évidentes pour les enseignant·es. Mais 80 postes de Rased sont supprimés à cette rentrée alors qu’on aurait plus que jamais besoin des PsyEN et des enseignants spécialisés pour faire finement le point, individuellement, concernant les élèves ayant le plus souffert de la crise.
Par ailleurs, des fermetures de CIO sont toujours prévues. Ce ne sont pas les évaluations nationales (inadaptées et purement scolaires, voir notre article) qui permettront de faire ce travail qui suppose une évaluation globale de chaque enfant/adolescent et un repérage précis des difficultés et des leviers, un accompagnement individualisé et un suivi associant les parents.
 
La prise en charge des enfants/adolescents ayant particulièrement soufferts de la crise ne peut reposer uniquement sur les équipes pédagogiques, même avec moult heures supplémentaires !
Il faut des suivis spécialisés, des rééducations, des soins, des suivis éducatifs, des thérapies… un plan spécifique devrait être prévu à cet effet pour compenser les prises en charge interrompues et assurer celles qui apparaissent nécessaires suite à la crise. De ce plan, il n’est nullement question dans la circulaire de rentrée, ni dans les propos du ministre.