Tensions autour des PFMP

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La communication ministérielle sur la voie pro se faisait attendre.
La foire aux questions apporte enfin quelques éléments de cadrage mais il faut aller bien au-delà afin de protéger les conditions de travail des personnels et de garantir la qualité de la formation de nos futurs diplômés.
 
 
De la souplesse et de l’adaptabilité
 
Comme le demandait depuis plusieurs jours le SE-Unsa, la FAQ répond partiellement à la question du déroulement des périodes de formation en milieu professionnel (PFMP).
En effet, dans ce contexte de crise, de nombreux élèves ne trouvent pas de terrain de stage ou voient leur convention annulée juste avant leur départ.
L’inquiétude des entreprises est parfaitement compréhensible mais les élèves ne doivent pas faire les frais de cette crise inédite. Il en va de la formation d’une génération de bacheliers professionnels et de titulaires du CAP.
D’après la FAQ ministérielle, les PFMP pourront donc être modulées en fonction du contexte.
En effet, les classes qui peuvent partir sur leur lieu de stage le feront, bien entendu, dans le strict respect du protocole d’entreprise.
Par ailleurs, les PFMP pourront se dérouler en télétravail si l’activité le permet.
Enfin, si la filière ne permet pas la mise en place d’un travail à distance, les PFMP pourront être reportées après réunion du Conseil d’administration.
Par conséquent, le nombre de semaines requises pour la validation du diplôme fera l’objet de dérogation. Certaines filières sont en effet en grande difficulté, c’est la cas notamment pour les élèves de la filière hôtellerie/restauration.
 
Quid du suivi ?
 
Ces premières mesures étaient attendues mais de nombreuses questions demeurent. Il est impératif de clarifier les modalités de suivi des élèves en respectant les exigences du statut des PLP et en garantissant leurs conditions de travail.
D’abord, les enseignants ne peuvent se retrouver en double journée de travail avec des départs alternés de groupes au sein d’une même classe. C’est ainsi que le texte sur le départ en stage « au fil de l’eau » n’est plus d’actualité.
De plus, la charge de travail induite par cette situation particulière doit être prise en compte. De fait, si des enseignants sur le terrain sont volontaires pour assurer des suivis de stage au-delà de leurs heures de service, ils doivent bien évidemment être rétribués pour ce travail supplémentaire.
Dans une période où les personnels sont déjà très fatigués, il faut tout faire pour les aider à mener au mieux leurs missions exigeantes dans un contexte difficile.
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
Comme l’affirme le SE-Unsa depuis le début de la crise sanitaire, il faut faire confiance au terrain. Les équipes connaissent leurs élèves et s’adaptent en fonction des contextes locaux.
Toutefois, pour le SE-Unsa, le cadrage doit rester national et concerner toutes les voies de formation. À ce titre, la voie pro ne doit pas être oubliée des déclarations ministérielles et doit faire l’objet de la même considération que les collèges ou les lycées GT.
Par exemple, les attentes sont fortes sur le déroulement des examens...
Mais au-delà de l’urgence sanitaire, cette crise pose la question de la spécificité de la voie professionnelle. Cette voie de formation doit être respectée, considérée et valorisée.
Les enjeux liés aux décrochage scolaire et à l’insertion professionnelle sont fondamentaux.
Sur le terrain, les enseignants exercent des fonctions de plus en plus complexes auprès d’un public souvent fragile. Ils doivent être épaulés et accompagnés dans cette mission noble mais compliquée.
 
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