Réforme Voie pro : projets de programmes en français

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Pas de grosse surprise en français : les projets de programmes tiennent compte des horaires revus à la baisse et de l’implication obligatoire de la discipline dans la co-intervention avec l’enseignement professionnel. Les objets d’étude ne sont pas « révolutionnaires » et recyclent largement l’existant.
 
 
 
Le projet met en avant les compétences de communication et la construction d’une culture commune. Le travail sur la maîtrise de la langue est valorisé ainsi que l’expression orale, dont il est précisé qu’elle trouve toute sa place dans la co-intervention.
 
Trois expériences culturelles doivent avoir été vécues au cours du cycle (fréquentation d’un lieu du patrimoine culturel, rencontre avec un spectacle vivant, rencontre avec un acteur culturel). L’ambition paraît louable. Néanmoins, elle sera parfois difficile à satisfaire dans des territoires isolés ou pour des raisons budgétaires.
 
Les objets d’étude sont pertinents (« se dire, s’affirmer, s’émanciper » ; « s’informer, informer, communiquer » ; « rêver, imaginer, créer »). Deux d’entre eux reposent sur la lecture d’une œuvre et d’un groupement de textes, le troisième sur un ensemble de documents (articles, vidéos, photos…).
 
Ces objets d’étude sont complétés par une « perspective d’étude », « Dire, écrire, lire le métier ». Cette perspective est présentée comme des pistes de travail pour le français dans les horaires en interdisciplinarité. Elles sont suffisamment riches pour ne pas être réduites à la correction linguistique et doivent, à notre avis, nourrir des séquences spécifiques en français en petits groupes. La co-présence des enseignants ne doit pas être imposée si elle ne se justifie pas pédagogiquement pour une activité donnée.
 
 
Le projet de programme en seconde Bac Pro
 
Le projet met en avant les mêmes finalités qu’en CAP, en insistant davantage sur la dimension « lecteur compétent et critique » et sur le français, discipline de culture, d’interprétation et de réflexion.
 
Aux expériences culturelles du programme de CAP,  on ajoute une expérience supplémentaire, « une contribution personnelle à une information publique ».
 
La maîtrise de la langue est présente et doit être travaillée en accompagnement personnalisé.
 
Les objets d’étude sont moins nombreux que dans le programme actuel sur les trois ans pour tenir compte des nouvelles grilles horaires et de la co-intervention. Le programme fixe 3 objets d’étude en seconde, 2 en première et un en terminale. S’y ajoute, comme en CAP, la perspective d’étude « Dire, écrire, lire le métier ». Les élèves doivent lire au moins deux œuvres intégrales en seconde et en première et une en terminale.
 
Les objets d’étude de la classe de seconde sont : « Devenir soi : voix et voies de l’identité », « S’informer, informer : les circuits de l’information », « Dire et se faire entendre : jeux et enjeux de la parole ». Si les deux premiers paraissent pertinents en seconde, le troisième, qui rappelle un objet d’étude de terminale complexe, est beaucoup plus discutable.
 
 
Pour le SE-Unsa, ces projets peuvent être encore améliorés pour mieux répondre aux besoins des élèves ainsi qu’aux finalités de l’enseignement du français. Cependant, la précipitation qui est de mise ne facilite guère la prise en compte de l’avis des enseignants et nous le regrettons fortement.
 

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