« Nouveau » Cafipemf : de nouvelles modalités pour une certification plus attractive ?

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Le ministère a revu les modalités d’organisation du Cafipemf. Le SE-Unsa détaille pour vous les modifications publiées dans l’arrêté du 4 mai 2021. En effet s’il veut concrétiser l’ambition de 33 % de maîtres formateurs dans les équipes pluri-catégorielles de formation initiale des enseignants, le ministère doit rapidement attirer de nouveaux candidats à la certification.
 
 
Les conditions d’inscription
 
Elles restent inchangées : être instituteur ou professeur des écoles - titulaires ou contractuels -, et justifier, au 31 décembre de l’année de l’examen, de 5 ans de services dans une école publique, sur ou en dehors du territoire national.
 
La nouveauté : suite à l’inscription (l’année précédente auprès du rectorat), le candidat bénéficiera d’une visite conseil avec son IEN. Celle-ci donnera lieu à un compte-rendu communiqué au candidat.
 
 
Une formation préalable de 5 semaines
 
Tout candidat inscrit bénéficiera désormais d’une formation de 5 semaines non consécutives de juin à décembre de l’année N dont l’organisation sera déterminée par le recteur :
  • 3 semaines d’observation et de pratique accompagnée auprès d’un maître formateur ou d’un CPC dans l’exercice de sa mission d’accompagnement
  • 2 semaines de formation assurées conjointement par l’académie et par l’Inspé.
Cette formation inclura notamment des modules de méthodologie et d’initiation à la recherche permettant de délivrer des crédits European Credits Transfer System (ECTS)*.
 
*Système européen de transfert et d’accumulation de crédits permettant une reconnaissance des qualifications. En savoir plus sur le site de l’Union européenne dédié à l’éducation et à la formation.
 
 
L’examen
 
Il se déroulera désormais sur un an et ne comportera plus d’épreuve d’admissibilité. La rédaction d’un mémoire ne fera plus partie des attendus. 2 épreuves sont prévues.
 
  1. Une première épreuve décomposée en deux séquences consécutives :
Séquences Activité Durée

1

Observation par le jury d’une séance de français ou maths en élémentaire et sur des activités langagières ou sur la construction du nombre en école maternelle.
1/3 du temps pourra être consacré à une autre discipline à condition qu’elle contribue à l’apprentissage des maths ou du français.

60 min

2 Entretien entre le candidat et le jury. 60 min

>> Le jury

Il est composé d’un IEN d’une autre circonscription, d’un enseignant de l’Inspé n’ayant pas participé à la formation du candidat et d’un maître formateur exerçant dans une autre circonscription.

>> Les attendus
  • Capacité à conduire une analyse didactique et pédagogique et à réfléchir à sa propre pratique
  • Bonne maîtrise des contenus didactiques et pédagogiques en français et en mathématiques

Cas particuliers des candidats directeurs d’école et des CPC faisant fonction : ils pourront bénéficier d’un aménagement de la première épreuve s’ils en ont formulé le souhait au moment de leur inscription.

Une première épreuve aménagée décomposée elle-aussi en deux séquences :

Séquences Activité Durée

1

Observation par le jury d’une séance liée à l’exercice professionnel du candidat :
 - Faisant fonction de conseiller pédagogique : animation d’une action de formation professionnelle collective
 - Directeur d’école : animation d’une réunion de nature pédagogique : conseil des maîtres, conseil de cycle, conseil école-collège

45 min

2 Entretien entre le candidat et le jury. 45 min
 
  1. La deuxième épreuve
Tous les candidats y seront soumis, et ce dans le délai d’un mois après la première épreuve. Elle se décomposera en 4 séquences :
 
Séquences Activité Durée
1 Observation en classe d’un PE stagiaire ou titulaire, en présence du jury 60 min
2 Analyse immédiatement consécutive de la séquence 1 par le candidat avec le PE en présence du jury 30 min

3
Production par le candidat d’un rapport de visite sur la séance observée en séquence 1 qui doit être transmis dans les 2 semaines 45 min

4
(3 à 4 semaines après séquence 2)
Entretien du candidat avec le jury :
 - Il explicite son analyse et ses intentions de la séquence 2 et présente l’écrit professionnel produit en séquence 3.
 - Le questionnement du candidat par le jury dépasse le cadre de la séance observée et permet au jury d’apprécier les connaissances pédagogiques et didactiques du candidat.

60 min

 
> > Les attendus
  • La maîtrise des compétences professionnelles attendues d’un formateur au regard du référentiel des compétences du formateur
  • La capacité à conseiller et à accompagner les professeurs des écoles, en particulier dans les domaines du français et des mathématiques
 

L’évaluation

Pour chaque épreuve, le jury s’appuie sur une grille d’évaluation et positionne le candidat par une note sur une échelle de 0 à 20 points.

L’examen est obtenu dès lors que le candidat obtient au moins 10 sur 20 à chaque épreuve. Les domaines de compétences ainsi que les modalités d’évaluation sont précisés par voie de circulaire du ministre chargé de l’Éducation nationale.

 

La spécialisation 

Après trois années d’exercice en tant de maître formateur ou conseiller pédagogique, il est possible de se présenter à l’épreuve complémentaire facultative de spécialisation. L’ouverture d’une spécialisation est décidée par le recteur.
 
Les spécialisations possibles :
  • Arts visuels
  • Éducation physique et sportive
  • Éducation musicale
  • Enseignement en maternelle
  • Enseignement et numérique
  • Histoire-géographie - enseignement moral et civique
  • Langues et cultures régionales
  • Langues vivantes étrangères
  • Sciences et technologie
L’épreuve complémentaire de spécialisation se décompose en trois séquences :
 
Séquences Activité Durée

1

Rédaction d’un rapport d’activités portant sur les années de service effectuées en qualité d’instituteur ou de professeur des écoles - maître formateur ou de conseiller pédagogique. Les activités recensées sont valorisées au regard de la spécialisation visée.  

2
Observation par le jury d’une séance de formation collective assurée par le candidat et s’inscrivant dans le domaine de la spécialisation visée. 60 min

3

Entretien du candidat avec le jury :
 - Il explicite ses intentions mises en œuvre dans la séquence 2 et présente son rapport d’activités.
 - Le questionnement du candidat par le jury dépasse le cadre de la séance observée et permet d’apprécier les connaissances pédagogiques et didactiques du candidat dans les domaines correspondant à la spécialisation visée.

60 min

Le jury est composé d’un IEN n’exerçant pas d’autorité hiérarchique sur le candidat, d’un enseignant de l’Inspé n’ayant pas contribué à la formation du candidat et d’un maître formateur exerçant dans une autre circonscription.

Admission des candidats ayant obtenu un total de points égal ou supérieur à 10 points sur 20. Les domaines de compétences ainsi que les modalités d’évaluation sont précisés par voie de circulaire du ministre chargé de l’Éducation nationale.

 
Et pour ceux engagés dans le Cafipemf sessions 2020-2021 ?
 
Les candidats engagés dans le CAFIPEMF en 2020-2021 et déclarés admissibles en 2021 ont le choix soit de passer l’épreuve d’admission "ancienne formule" en 2022 (y compris avec spécialisation s’ils étaient inscrits comme tel initialement), soit de passer la seconde épreuve du CAFIPEMF nouvelle formule. Cette possibilité de choisir entre l’ancienne et la nouvelle formule de la certification ne sera offerte qu’en 2021-2022.
 
Les candidats engagés dans le CAFIPEMF avant 2020-2021 et déclarés admissibles en 2021 ou avant, et qui bénéficiaient d’une dispense d’admissibilité en vertu de l’arrêté du 20 juillet 2015, soit pour deux nouvelles sessions soit pour une nouvelle session, sont dispensés de la première épreuve du nouveau CAFIPEMF pour deux sessions ou une session au cours des quatre années qui suivent la session pour laquelle ils ont été déclarés admissibles.
Ces candidats n’ont donc pas la possibilité de passer l’épreuve d’admission au CAFIPEMF selon l’ancienne formule.
 
 
Les postes
 
Les titulaires du Cafipemf sans spécialisation ont vocation à exercer en tant que conseillers pédagogiques de circonscription généralistes ou en tant que maîtres formateurs. Une épreuve complémentaire facultative de spécialisation est nécessaire pour les autres catégories de fonctions comportant une spécialisation.
 
Les enseignants titulaires d’une spécialisation peuvent, le cas échéant, postuler sur des postes à vocation généraliste de conseillers pédagogiques ou de maîtres formateurs. La spécialisation est fonction de l’épreuve complémentaire facultative de spécialisation choisie par le candidat.
 
Les titulaires d’une spécialisation peuvent être amenés à accomplir des missions qui dépassent le cadre des seules activités correspondant à la spécialisation choisie, dans la mesure où leur mission s’exerce toujours, y compris dans leur spécialité, en référence à la polyvalence de l’enseignant.
 
 
Les missions 
 
Celles-ci restent inchangées. En revanche, une réorganisation pourrait être décidée localement, avec un rééquilibrage vers les missions de formation en Inspé.
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
En refondant en grande partie les épreuves de l’examen et sa temporalité (tout en 1 an au lieu de deux précédemment), le ministère espère répondre à la pénurie des personnels certifiés, pénurie qui s’est accentuée depuis une première refonte de l’examen il y a trois ans. Si nous partageons cette préoccupation, nous faisons néanmoins le constat d’une certification qui se retrouve de fait allégée dans ses contenus.
 
Si la période de formation pré-examen garantit le lien avec la recherche, celui-ci se retrouve considérablement amoindri du fait de la disparition du travail d’écriture longue et réflexive. Les nouveaux certifiés resteraient ainsi de bons « techniciens », experts de leur pratique, mais ne seraient plus encouragés à une pratique réflexive indispensable. Certes, 5 semaines - en particulier les 2 semaines de formation - si elles sont tenues, sont intéressantes comparativement aux 5 jours actuels (le minimum constaté dans les académies). Cependant, quelle reconnaissance pour le formateur qui accueillera le candidat ?
 
Autre point d’inquiétude : le recentrage sur le français et les maths. Cohérent avec la stratégie déployée dans le premier degré, mais laissant de côté la polyvalence propre au métier de professeur des écoles.

Relancer l’attractivité des missions de formateurs c’est essentiel. Les besoins sont réels et vont s’intensifier. Le ministre oublie une fois de plus qu’un des leviers de l’attractivité, outre l’aménagement possible de l’examen, passe également par une réelle reconnaissance et revalorisation des missions. 
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