Le bac pro sport a fait pschitt

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Les organisations syndicales ont été conviées ce jeudi 14 octobre à une réunion ministérielle. Au menu : extension de l’unité facultative Secteur sportif et création d’une nouvelle mention complémentaire.
Malgré l’absence de documents de travail, les débats ont permis de dégager quelques idées-forces.
 
 
Un enterrement de première classe pour le bac pro sport
 
Nous en sommes désormais certains, il n’y aura pas de bac pro métiers du sport. Pourtant annoncée par notre ministre à de multiples reprises, cette « information » n’était qu’un artifice de communication, un de plus...
Ce revirement est d’autant plus dommageable que le projet initial faisait consensus. Les représentants du personnel avaient apprécié la clarté et le potentiel d’une telle offre de formation.
À la place, le ministère préfère concentrer ses propositions sur l’extension des unités facultatives. 
 
 
Formation étalée sur 2 ou 3 ans avec moyens constants
 
En effet, le ministère envisage d’étendre à 6 bac pro du secteur industriel, l’unité facultative déjà présente sur 5 bac pro du secteur tertiaire (lire notre article).
 
Au risque de créer une usine à gaz, le projet mise sur un étalement différencié de la formation nécessaire pour valider ces 2 unités de formation qui équivalent à la moitié des unités de formation du BPJeps. Les élèves de tertiaire seraient donc concernés par une « option » en première et terminale quand leurs camarades de filière industrielle commenceraient leur « option » dès la seconde. Le référentiel de ces filières est plus éloigné du référentiel du BPJeps et la formation nécessite, de facto, un véritable approfondissement.
 
Par ailleurs, aucun moyen supplémentaire n’est prévu et les effets seront néfastes à double titre. D’une part, les conditions d’apprentissage ne seront pas lisibles pour des élèves qui ont besoin de cadres et de repères. En AP, en co-intervention, en cours d’EPS et en cours d’enseignement professionnel, la validation se fera de manière protéiforme.
D’autre part, les conditions d’exercice de nos collègues, et en premier lieu les professeurs d’EPS, se trouveront complexifiées et alourdies.
 
 
Une éclaircie : la création d’une mention complémentaire
 
La mention Animation-gestion de projets dans le secteur sportif existe depuis 2018. Elle s’appuie sur 2 dominantes :
  • Activités physiques pour tous (APT) ;
  • Activités aquatiques et de la natation (AAN)
Cette mention permettait donc d’obtenir deux unités d’enseignement du BPJeps. Toutefois, les élèves se retrouvaient au milieu du gué puisqu’il leur manquait deux UE pour valider le BPJeps.
 
La création d’une nouvelle mention complémentaire permettrait de valider les deux unités manquantes et d’obtenir gratuitement un BPJeps.
 
Il conviendra toutefois d’être particulièrement attentif aux implantations en académies de ces mentions complémentaires dans le cadre de la carte des formations. Même s’il ne s’agit pas d’un véritable « parcours », il faut garantir une cohérence d’implantation sur le territoire. 
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
Pour nous, il eût été plus simple, plus lisible et plus efficient de créer une option à part entière. Elle aurait d’ailleurs requis un investissement raisonnable au regard de la plus-value apportée aux élèves.
 
Dans un contexte de déploiement à un rythme soutenu de la Transformation de la voie pro, PLP et PEPS risquent de se retrouver submergés par cette charge supplémentaire.
 
Malgré ses réticences, le SE-Unsa prendra toute sa part dans la discussion de novembre en portant des revendications claires alliant amélioration des diplômes de nos jeunes et valorisation du travail des équipes sur le terrain.
 
De plus, le BPJeps n’est pas une fin en soi et il faut donner une perspective aux bacheliers professionnels dans un secteur porteur dont il faut très largement leur ouvrir les portes. 
 
 
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